Visite du dépôt des arts plastiques du musée, en compagnie de Lucie Girardin-Cestone et de Nicole Quellet Soguel, assistantes conservatrices du département des arts plastiques, complétée par une conférence sur la problématique des dépôts de Chantal Lafontant Vallotton, conservatrice du département historique et co-directrice du MahN.
Parmi les trésors actuellement conservés dans le sous-sol du MahN se trouve cette "paroi" de tableaux de Léopold Robert
Les membres d’ARTHIS ont été conviés à une soirée particulièrement intéressante, et ce d’autant plus que les collections du musée ne sont pas accessibles au grand public. En raison du nombre de participants, 3 groupes ont dû être constitués :
1. Lucie Girardin, assistante-conservatrice du département des arts plastiques, a montré la collection de dessins et estampes
2. Nicole Quellet, assistante-conservatrice du département des arts plastiques, a mené les membres au travers de la collection de peintures (et quelques sculptures)
3. Chantal Lafontant Vallotton, conservatrice du département historique et co-directrice du MahN, a exposé la problématique du dépôt des œuvres
Notre présidente Anne Gueissaz souhaite la bienvenue aux membres
L'origine de la collection remonte à 1816, grâce à deux premiers dons de peintures – vues de Rome, ancienne et moderne – à la Ville de Neuchâtel de la part de Maximilien de Meuron. En parallèle, la collection s’est vite enrichie de dessins, notamment relatifs à la construction du bâtiment abritant le musée. Quant à la collection des estampes, elle a aussi été initiée dans la première moitié du 19e siècle, suivant de quelques décennies la création de la collection de peintures et de sculptures dont les premières acquisitions remontent aux années 1840.
Maximilien de Meuron a aussi fondé en 1842 la Société des Amis des Arts de Neuchâtel, qui aujourd’hui encore joue un rôle majeur dans l'accroissement de la collection. Le musée reçoit également régulièrement des œuvres de la part de particuliers (donations, legs et dépôts), soutenant des acquisitions relevant de la compétence des conservateurs.
Ainsi, à ce jour, le département des arts plastiques MahN recèle dans ses dépôts quelques 2'600 tableaux, 500 sculptures et autres objets, 5'000 dessins et… 22'000 estampes ! Ce sont des œuvres anciennes et modernes, régionales, nationales et internationales.
Lucie Girardin-Cestone a le plaisir de montrer quelque-uns de ses coups de coeur aux membres d'ARTHIS, des oeuvres rarement exposées
Nicole Quellet Soguel présente à son tour quelques œuvres particulièrement belles ou intéressantes à ses yeux
Sculpture en chocolat noir de l' "artiste" confiseur Céline Schluppi
Table de bistrot sur laquelle Ferdinand Hodler avait griffonné ses amis et lui-même, acquise par l'ancien conservateur du MahN Willy Russ Suchard
De 1816 à 1884, soit avant l'existence du bâtiment du musée, la collection a été logée successivement à l'Hôtel de Ville, au Collège latin (1840), au Collège des Terreaux (1856) et finalement à l'Hôtel DuPeyrou (1860). Aujourd’hui, le MahN gère un ensemble d’environ 150'000 objets (tous départements confondus), entreposés pour partie dans les caves du musée – occupant une surface de 888 m2 – et dans des dépôts externes – 1'135 m2 - dont la location est coûteuse.
Chantal Lafontant Vallotton explique la problématique de la conservation des oeuvres au MahN, qui n'a pas été construit pour les y entreposer, préoccupation récurrente au fil des décennies et des conservateurs
Le code de déontologie de l’ICOM (Conseil International des Musées) stipule que « les membres de la profession muséale sont tenus de créer et de maintenir un environnement protecteur pour les collections dont ils ont la garde, qu’elles soient stockées, exposées ou en transit ». Or, avoue Chantal Lafontant Vallotton, cette exigence n’est que partiellement remplie par le MahN, à commencer par le fait que le bâtiment ne peut pas offrir des conditions hygrothermiques satisfaisantes. Par ailleurs, en raison d’un manque chronique de place, les œuvres sont souvent entassées. En outre, les conditions de travail dans ces sous-sols froids, humides et obscurs, ne répondent pas au respect des normes légales modernes.
Lucie Girardin-Cestone explique comment sont conservés les "grands formats"
A l'instar de celui de sa collègue, le bureau de Lucie Girardin-Cestone n'a pas de fenêtre
Il convient de préciser que le MahN n’a pas été conçu pour y abriter le dépôt de collections !
En effet, les objets étaient initialement tous exposés, créant au fil des années et des apports un extraordinaire capharnaüm dans les salles d’exposition. Les conditions dans les caves étant déjà jugées insuffisantes à l’époque, les conservateurs d’alors préféraient utiliser le moindre espace libre d’un mur ou d’une vitrine. Au vu du nombre d’objets et du besoin d’une muséographie moderne thématique et percutante, ils ont toutefois dû envisager d’occuper cet espace du sous-sol, mais à leur corps défendant comme en témoignent les rapports d’autrefois.
Les tableaux de formats petit et moyen sont entreposés sur de grandes parois grillagées sur rails, que l'on peut tirer. Ils sont classés majoritairement par ordre alphabétique, sauf les dernières acquisitions car il n'est plus possible d’insérer des œuvres sur ces parois.
Les tableaux de grand format sont pour la plupart contraints de rester en exposition.
Bustes et autres sculptures, entassés dans un angle mort du sous-sol
D'autres sculptures ou installations sont posées dans divers endroits, avec le risque de les abîmer
Les autres institutions de la Ville connaissent des difficultés similaires à celles du MahN. Aussi, une réflexion politique est-elle en cours pour trouver une solution à cette problématique. L’idéal serait un centre de conservation commun, construit dans le respect des normes. Il offrirait un espace de travail adéquat pour la mise en valeur de ces fonds d’exception et pour leur conservation sur le long terme (plusieurs générations). L’avenir nous en dira davantage.
Comme le veut la tradition, la soirée s'est terminée autour du verre de l'amitié